Wake up café Montpellier: le réveil après la prison

wake up café est une association qui accompagne quotidiennement d’anciens prisonniers vers une réinsertion professionnelle et sociale. Depuis 2014, Près de 1800 personnes ont pu être aidées et accompagnées. C’est le cas de wake up café Montpellier qui a ouvert ses portes en 2020. Cap sur une association pas comme les autres.

Wake up café Montpellier: le réveil après la prison
atelier proposé aux wakeurs dans le cadre de leur réinsertion

Christophe Esquiva, 55 ans a réussi à s’en sortir après avoir passé 10 ans derrière les barreaux. Une éternité pour le parisien « maintenant je croque la vie à pleine dents ». Comme lui 160 personnes ont été accompagnées par l’association de réinsertion à Montpellier. Ces wakeurs (noms donné aux personnes aidés par l’association) ont tous des profils bien différents, pourtant ces ex détenus ont une chose en commun : «Il faut avoir la volonté de s’en sortir », nous rappelle Hugo Ballarin , chargé d'emploi et de partenariat dans l’association. En plus d’être basé sur le volontariat, tout se prépare avant la sortie de prison. Pour devenir un « wakeur » un entretien est nécessaire puis une lettre d’engagement manuscrite décide de l’admission ou non au sein de l’association. 

 Un accueil pour tous

 Peu importe l’âge, l’origine, et la condamnation chacun a la possibilité d’être reçu par l’association. Seuls deux types de condamnés font exception « les seules personnes qu’on est amené à refuser sont les condamnés pour agressions sexuelles et ceux condamnés pour terrorisme » nous rappelle Hugo Ballarin. L’objectif pour l’association est d’éviter au maximum la récidive et pour l’instant le pari est tenu. Sur l’ensemble du territoire, seul 12% des « wakeurs » retournent en prison et, même s’ils récidivent wake up café tient à continuer son travail pour comprendre la raison de la récidive. Pour le reste, la plupart trouve un travail et parvient à reprendre une vie normale. Et même après, les anciens prisonniers ne sont pas oublier « Ils sont une trentaine avec qui on garde le lien », ajoute-t-il. 

 Un accompagnement personnalisé

 Une fois rentré chaque personne a droit à un suivi sur mesure et adapté à leurs besoins. Le travail est d’abord fait individuellement, avec un accompagnement dans les démarches administratives et professionnelles, puis collectivement. « On a 50 bénévoles à l’année qui viennent animer des ateliers », explique Hugo Ballarin. Le matin est consacré au retour à l’emploi et l’après-midi à la reconstruction de l’individu. Au programme Yoga, musicothérapie, visites culturelles, une étape indispensable selon lui: « cette partie de reconstruction de soi est importante pour pouvoir stabiliser la personne une fois l’emploi retrouvé. »Trouver un emploi en ayant un casier judiciaire n’est pas donné à tout le monde. Le BTP, la restauration font parties des rares secteurs à ne pas tenir compte du passé carcéral des wakeurs.